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Les soignants au village
Les consultations d’ethnomédecine ont trouvé
un prolongement important par l’organisation du colloque
« A la rencontre de l’Afrique ancestrale »
dans un village du Nord Bénin en Février 2001.
Un groupe d’une vingtaine de professionnels de la santé
dont la plupart étaient engagés dans l’action
des rencontres d’ethnomédecine au cours des années
précédentes sont allés à la rencontre
de leurs collègues tradipraticiens dans l’Afrique
profonde les voir travailler dans leur cadre habituel. Ce
groupe comprenait : des médecins, des psychologues,
des psychiatres, une assistante sociale, des infirmières
de divers hôpitaux notamment : Tenon (l’administration
ayant participé aux frais de formation de cinq personnes),
Saint Louis et Saint Antoine.
Il s’agissait de donner aux équipes médicales
les moyens de répondre à la question suivante
: comment faut-il situer la prise en charge d'un patient africain
en France?
Se demander « qu'est-ce qu'être guéri,
soigné, qui peut guérir ou soigner et pourquoi
? », c'est d'abord s'interroger sur les valeurs, les
croyances et la structure de la société où
ces questions sont posées. Or le migrant est par essence
à cheval entre deux sociétés. Ses représentations
de la maladie sont par conséquent également
à cheval entre deux systèmes culturels différents.
Les Africains en France doivent donc faire un grand écart
entre des conceptions traditionnelles magico-religieuses profondément
ancrées dans leur histoire personnelle et des représentations
médicales et rationnelles, seules à être
socialement reconnues et valorisées ; d'où L’extrême
difficulté à exprimer les premières.
Nous avons proposé une véritable immersion dans
l’Afrique profonde, le partage de traditions millénaires,
l’échange avec des thérapeutes traditionnels
mais aussi un travail de réflexion.
Ils ont pu faire connaissance avec certains dépositaires
des savoirs-faire ancestraux. Certains mots sont connus comme
celui de marabout ou de griot, mais bien souvent, on confond
leur sens, et on se contente de vagues idées reçues.
Pourtant, chacun a un rôle, une fonction précise
et surtout suivi un apprentissage qui dure souvent des dizaines
d’années.
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