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Enquête, analyse et rédaction
du compte-rendu réalisées d’avril à
octobre 1997 par Mlle Muriel PISSAVY (ethnologue).
Article de synthèse rédigé
par Mr. Jacques BAROU (ethnologue – CNRS)
ÉVALUATION DES RENCONTRES
D’ETHNOMÉDECINE 1997
Dans leur pratique quotidienne, les professionnels médicaux
et para-médicaux sont fréquemment confrontés
à la différence culturelle à travers
les soins aux patients immigrés (ou issus de L’immigration).
Cette différence culturelle — différence
de croyances, de valeurs, de normes, de modes de vie, de façon
de penser, de sentir, d'établir la communication, etc.
— provoque dans certains cas des incompréhensions,
de mauvaises interprétations et des échecs dans
la relation thérapeutique qui peuvent avoir des résultats
très néfastes sur la prise en charge du patient.
Dans le cas des patients originaires d'Afrique noire, le sida
semble avoir particulièrement mis en exergue ces difficultés
: les équipes médicales se sentant démunies
pour les modalités de proposition du test de dépistage,
pour annoncer la séropositivité, pour soutenir
et aider les malades sur le plan psychologique, et pour obtenir
leur adhésion au traitement.
C'est en partant de ce constat que L’équipe d'URACA
organise depuis 1994 des consultations d'ethnomédecine
associant des équipes mixtes composées de médecins
hospitaliers spécialisés dans le traitement
et le suivi du V.I.H. et des tradipraticiens africains.
Son objectif est d'aider les médecins dans la prise
en charge des malades du sida d'origine africaine en permettant
aux équipes soignantes de s'initier peu à peu
à L’écoute et aux codes culturels africains
(en particulier le non-dit et la métaphore) ; outils
qui permettent de préserver les liens sociaux des malades.
Le travail présenté ici est le résultat
d'une enquête réalisée à la demande
d'URACA pour évaluer L’impact de ces rencontres sur
les personnels soignants.
Cette enquête a été menée d'avril
à juin 1997 dans 3 centres hospitaliers et au sein
du R.M.V.H. (toutes ces structures ayant participé
au moins une fois aux rencontres d'ethnomédecine).
Elle a permis d'interroger 19 professionnels travaillant dans
le domaine de la santé : 10 médecins, 4 infirmières,
3 psychologues, 1 assistant social et 1 secrétaire
d'un service de maternité. Parmi ces professionnels,
15 ont participé tant à des consultations mixtes
qu’à des réunions d’information,
alors que 4 n’ont participé qu’à
une réunion d’information (il s’agit de
2 médecins et d’1 infirmière du R.M.V.H.
et d’1 secrétaire d’un service de maternité).
Le recueil des données s'est fait à travers
des entretiens semi-directifs qui suivaient une grille de
questionnaire mise en place avec l’aide de L’équipe
d'URACA. Ces entretiens, qui ont duré entre une demi-heure
et une heure (nous disposons donc d’une quinzaine d’heures
d’enregistrement), ont été retranscrits
dans leur intégralité pour être analysés.
Il faut compter une moyenne de quatre heure de travail pour
décrypter une heure d’entretien : on peut donc
estimer à une soixantaine d’heures le temps passé
par l’équipe d’URACA pour réaliser
ce travail. Enfin, on peut estimer à 200 heures le
temps de travail consacré à l’analyse
des entretiens et à la rédaction du compte-rendu.
A ces différentes étapes du travail il faut
ajouter le temps passé au téléphone pour
joindre les professionnels et prendre rendez-vous avec eux,
les temps de déplacement et d’attente... On peut
donc estimer que cette enquête a nécessité
à peu près 300 heures de travail
A travers ces entretiens, nous avons
cherché à déterminer:
- si il existait un réel besoin de la part des soignants
(relevé des problèmes rencontrés)?
- quelle était leur demande ?
- quel a été L’apport de L’URACA ?
- quelles étaient les critiques et suggestions éventuelles
?
- etc.
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