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Le saturnisme c'est quoi ?
Le saturnisme est une intoxication par le plomb, touchant
plus particulièrement les jeunes enfants. Cette intoxication
résulte de l’ingestion ou de la respiration de
plomb acido-soluble qui va être assimilé et stocké
dans l’organisme. Une certaine quantité doit
être absorbée pour être toxique. A Paris,
ce plomb se trouve principalement dans les certaines peintures,
où il est suffisamment concentré pour représenter
un risque pour la santé. À Paris, le risque
de saturnisme consécutif à la consommation d’eau
venant d’anciennes canalisations en plomb, ou à
la respiration d’un air pollué chargé
de plomb est considéré comme nul, car ces doses
de plomb sont très faibles.
Cependant, on pense que 70% des immeubles parisiens construits
avant 1948 contiennent des peintures au plomb, dont la dangerosité
tient à la dégradation.
Avant 1948, ce plomb était très couramment utilisé
en mélange dans les peintures car il les rendait très
isolantes contre l’humidité, très résistantes
et très couvrantes. Ce qui explique son usage si répandu
sur les boiseries des appartements (fenêtre, portes
etc.). Actuellement, nous retrouvons cette céruse dans
la plupart des immeubles parisiens construits avant cette
date, ce qui ne pose pas en soit de problème puisqu’elle
est présente dans les couches anciennes et inaccessibles
de la peinture. Le problème survient lorsque le support
vieillit et se dégrade : la peinture cloque, s’émiette
et tombe en écailles. Ce sont ces poussières
et ces écailles qui sont dangereuses.
Lorsque les enfants arrivent à l’âge où
ils explorent leur environnement en se promenant à
4 pattes, portant à la bouche tout ce qui leur tombe
sous la main : doudou, jouets, tissus, doigts, ils s’exposent
ainsi au risque d’ingérer des poussières
contenant du plomb. Parfois, certains enfants mangent intentionnellement
les écailles de peintures tombées au sol. D’autres
grattent les murs pour faire tomber cette peinture au goût
sucré. Certains creusent les murs avec leurs doigts
et leurs dents, pratiquant en quelque sorte une « géophagie
urbaine »…
Ces pratiques sont repérables essentiellement chez
des enfants âgés de 1 et 6 ans, et c’est
également la tranche d’âge où les
conséquences sur l’organisme sont les plus inquiétantes
. Le saturnisme est le résultat d’un processus
temporel : l’enfant s’intoxique progressivement,
écaille de peinture ingérée après
écaille de peinture, au fil des jours et souvent des
mois. Nous comprenons donc toute l’importance de l’information
de l’entourage, de la prévention, et du repérage
des sources d’intoxication.
Quelles sont les
conséquences du saturnisme?
Les manifestations du saturnisme varient selon le degré
de gravité et la durée de l’intoxication
; en voici quelques indicateurs : anémie, retards de
croissance, troubles gastro-digestifs, troubles du comportement
(asthénie, hyperactivité, « crises »,
irritabilité, pleurs etc.), le plomb s’installe
dans certains organes en particulier le cerveau, le système
nerveux central, les os, les organes digestifs, dont il modifie
le métabolisme, provoquant dans ses formes graves des
troubles non-spécifiques du comportement et un retard
des apprentissages. L’encéphalopathie saturnine,
forme ultime et mortelle de l’intoxication, reste rare.
Le dépistage du saturnisme
Les manifestations cliniques du saturnisme ne sont pas spécifiques
de cette intoxication et elles sont d’apparition tardive.
Le saturnisme est un diagnostic à évoquer en
priorité chez un enfant appartenant à une population
à risque et atteint de troubles neurologiques d’apparition
récente. Le dépistage se fait à partir
d'une prise de sang qui mesure le taux de plomb dans le sang,
c'est la plombémie. L’effort de dépistage
doit aussi porter sur les enfants qui se portent bien, quand
ils appartiennent à une population à risque
élevé.
Populations prioritaires pour le
dépistage:
Les enfants de 6 mois à 6 ans, habitant ou séjournant
dans des appartements anciens (antérieurs à
1950) et mal entretenus, sont le groupe pour lequel le risque
d’intoxication est le plus élevé.
Le dépistage doit s’adresser
en priorité:
• aux enfants de 18 à
36 mois
• ayant des intoxiqués
par le plomb dans leur entourage (parentèle ou voisinage)
• ayant un pica (mangeant
les écailles de peintures)
• vivant dans des locaux
où des travaux de réparation ou de rénovation
ont été récemment effectués
• dont les proches sont
professionnellement exposés au plomb
• vivant à proximité
d’entreprises productrices ou utilisatrices de
dérivésinorganiques du plomb.
Comment le traite-t-on ?
Le traitement des formes légères consiste en
une supplémentation en fer (sous forme de sirop - Ferrostrane,
ou sous forme naturelle par l’alimentation), seule capable
de ralentir le processus. Pour les formes plus graves, il
est possible de « purger » le sang en éliminant
le plomb qui circule dans l’organisme : il s’agit
de pratiquer des chélations sous forme de cures, qui
durent quelques jours par mois et sont effectuées régulièrement
en hôpital ou en Hospitalisation A Domicile, lorsque
les conditions de vie de l’enfant le permettent.
Ce traitement ne permet cependant pas d’éliminer
le plomb qui a été stocké dans les os.
La durée de vie du plomb dans l’organisme est
de 50 ans.
Des conseils d’hygiène afin de limiter l’exposition
des enfants habitant dans des zones à risques (Interdiction
de gratter les peintures, lavage des mains, entretien quotidien
de l’habitat, conseil nutritionnel...)
Une réhabilitation du logement, voire un relogement.
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