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Les actions de développement

Les actions de prévention du sida et d'aide aux personnes touchées ne peuvent se concevoir qu'en tenant compte des réalités socio-économiques du milieu. Ainsi, dans la région d'Afrique où nous intervenons, la pauvreté et la précarité est telle que des actions dans le domaine de la santé n'ont de sens qu'en lien avec des micro-projets générateurs de revenus.

L’objectif de ces actions est simple, il s'agit de lutter contre la pauvreté et d'aider les paysans à trouver les moyens de survivre dans cette région sahélienne très pauvre, leur évitant ainsi d'émigrer vers les centres urbains et d'aller s'installer dans les bidonvilles à L’occasion d'une famine plus importante.

Depuis 2003, grâce à L’appui de la fondation Marc, que nous tenons à remercier chaleureusement pour son ouverture et son esprit de solidarité, nous avons pu pour mettre en oeuvre des projets de développement.

Tableau récapitulatif des actions de développement menées en 2004:

 
Total
 
 
 
Nb de groupements
106
 
Nb de femmes
1 427
 
Banque céréalière 2003
53
 
Banque céréalière 2004
51
 
Jardins 2003
14
 
Jardins 2004
11
 
Moulins 2004
17
 
Trous à Poissons 2004
16
 
     

Plus de 1400 femmes ont été directement aidées par les actions de développement, sans compter, celles qui en auront bénéficié sans faire partie des groupements gestionnaires des projets.

La mise en place de banques céréalières
Dans le souci de lutter contre la pauvreté et la famine en période de soudure, L’URACA a initié un projet de banque céréalière. Le succès auprès des populations lors de sa mise en route en 2003 a été immédiat à tel point que la question s'est vite posée de savoir comment sélectionner les groupements bénéficiaires de L’action.
L’idée est de faire barrière à la frénésie de spéculation des commerçants. En effet, chaque année ils achètent les produits agricoles au moment des récoltes céréalières où ils sont vendus à bas prix, puis attendent la période de soudure lorsque les greniers sont vides pour les revendre à des prix prohibitifs (10 fois leur prix d’achat). L’expérience nous a montré que dans ce milieu, les femmes géraient mieux que les hommes, nous avons donc confié la gestion de ces banques céréalières aux groupements des femmes de chaque village.
 
La période des récoltes s'étend de septembre à novembre, à ce moment là les céréales sont vendues moins cher. Un appui de 10 sacs de céréales (135 000 FCFA) en moyenne est apporté aux groupements à cette période de L’année. Les céréales sont soit achetées par les femmes, soit par L’équipe qui leur apporte dans leur village.
Cette dotation de départ est ensuite utilisée par les femmes en 3 parties:
une partie sert de semences et est entreposée;
une autre partie est partagée entre les femmes du groupement pour les aider à surmonter la période de soudure en deux récoltes au cours de laquelle le prix des céréales fait parfois plus que doubler;
une partie est revendue à un moment intermédiaire où les prix ont augmenté, mais la mise sur le marché de ces céréales freine un peu L’augmentation des prix de ceux qui spéculent sur la faim. L’argent récolté servira en grande partie à payer les frais inhérents aux travaux champêtres. En effet, ce ne sont pas les femmes qui font le gros du travail dans les champs mais des travailleurs journaliers, il faut en plus payer les engrais et éventuellement d'autres semences si les femmes choisissent de diversifier les cultures.

La création de jardins de contre-saison
La zone étant riveraine du fleuve, nous avons choisi de développer les cultures de contre-saison pendant la saison sèche. En 2003, nous avons initié une action de développement des cultures de contre-saison en créant des jardins répartis dans la commune de Karimama. 5 jardins ont ainsi vu le jour.
En 2004-2005, les discussions des évaluateurs avec les groupements des femmes ont conduit à modifier L’action afin de surmonter les difficultés rencontrées. En dehors du groupement de Kargui qui a une tradition de cultures de contre-saison et qui a su vendre sa production, les autres groupements n'ont pas réussi à vendre leur production. En effet, les légumes ne font pas partie des habitudes alimentaires locales et ce sont des produits qui se conservent très peu compte-tenu des réalités locales (24 heures pour la salade, à peine plus pour les tomates, etc.) Le stockage difficile associé à la lenteur de leur écoulement ont abouti à la perte d'une grande quantité des récoltes réalisées.

Les femmes ont proposé d'adapter le projet à ces réalités et de s'orienter vers la riziculture qui se fait également dans le fleuve. En effet, le riz est une denrée appréciée localement qui serait donc facile à écouler sur les marchés et le problème du stockage ne se pose pas. De plus, le riz cultivé dans la vallée fluviale peut être récolté tout au long de L’année s'il est arrosé. D'un entretien facile, il repousse après chaque coupe, la première récolte est obtenue 3 mois après avoir semé.
 

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